endant que le colonel Peron a la migraine, Eva Peron, elle, a un cancer. Et en souffre. Pas en silence. Eva Peron se meurt, et il faut que tout le monde le sache. Elle va, vient, se fait faire les ongles, se souvient du passé, cherche sa robe de Présidente. Elle trépigne, jure surtout, insulte tous ceux qui croisent sa route. D'abord son infirmière, puis Ibiza qui tire les ficelles du pouvoir, ou ce qu'il en reste. Enfin sa mère, en quête désespérée des numéros des coffres-forts de sa rejetonne dont elle compte bien hériter.
Eva Peron est d'abord et avant tout une comédie. Mais aussi une farce, avec sa tonalité changeante et le jeu de confrontation des figures parfois grotesques que sont les personnages. Sous l'apparence anodine d'une comédie de boulevard, la pièce dénonce aussi la manipulation des esprits et l'utilisation de l'image par le monde politique. Mais Eva Peron est surtout une oeuvre inclassable et ambiguë, tour à tour troublante, naïve, insolente, surprenante ou émouvante, à l'humour grinçant et cru : une sorte de ballet macabre exécuté dans un rythme frénétique.

Lire l'article Sud-Ouest du Mercredi 18 novembre 2009